La sécheresse de cet été m'a fait réfléchir au devenir du
jardin.... les arrosages nécessaires et récurrents, véritable travail de titan
m'ont incitée à revoir l'agencement dans sa globalité, à supprimer sans remords
ce qui ne tenait plus la route pour un futur moins contraignant.
En temps normal la citerne bien remplie pourvoit aux arrosages grâce
aux tuyau et pistolet multi-gouttes (fort, doux, brumeux) ainsi en deux heures la
terre du jardin est humide à souhait.
En période de sécheresse prolongée, lorsque le niveau de la citerne
baisse grandement, la pompe n'est plus opérationnelle et les maigres arrosages
avec une eau un peu boueuse dans un arrosoir pas tout à fait plein se
prolongent jusque tard le soir avec Siam qui crapahute du fond du jardin au
patio et vice-versa, le dos en compote....
Le premier à passer à la trappe est sans conteste le Sambuccus qui demandait près de 60
litres par jour pour garder la forme, c'est trop et finalement il me semble
avoir bien "filé" en hauteur, le spectacle ne me satisfait plus. D'abord nous l'avons taillé au plus court
dans l'espoir qu'il reparte mais en y réfléchissant bien dans quelques temps la
corvée se répétera, non il vaut mieux le supprimer et cette semaine la souche
sera enlevée.
Photo prise en mai
La souche sera enlevée
Trois physocarpus ont été
introduits au fond du jardin, les variétés "Amber Jubilee" et "Lady
in red" se sont bien comportées, "Angel Gold" a posé problème,
il file chaque année à près de 3 mètres et étouffe l'hydrangea Snowflake et le
rosier Jens Munck.
"Amber Jubilee" en mai
La version gold en mai
Je taille au printemps
à 150 cm pour le contenir et à force ses tiges sont devenues trop épaisses pour
de nouvelles pousses encore plus hautes que celles de l'an précédent; finalement
l'arbuste n'offre plus en fin d'été sa belle silhouette. Je l'ai taillé d'abord et décidé in fine de
l'enlever pour y placer le beau rosier "Red Ballerina" qui végète un
peu trop à mon goût par manque de soleil près du patio.
La souche sera enlevée pour laisser place à Red Ballerina
J'ai retaillé les deux autres avec l'espoir
qu'il offriront l'an prochain un volume plus approprié, on verra si j'ai eu
raison mais après cinq ans de vie cela devrait leur redonner une nouvelle
jeunesse.
"Cornelia", que je voulais absolument sans avoir de place
et que j'ai installé en espace trop confiné, a commencé à m'offrir un début de
fin de vie en juillet et pour le sauver je devais absolument faire quelque
chose.
Quelques fleurs de Cornélia à sa plantation en mai
C'est le rosier "Herkules"
qui est passé à la trappe dans la grande roseraie, ce beau Kordes m'a enchantée
pendant cinq ans mais cette année il filait tout le temps, superbe feuillage
avec quelques belles roses épanouies une journée seulement,je me suis lassée de
tenter à le contenir, lassée aussi de la floraison qui ne rivalisait plus avec celle
du début, le ton rose porcelaine si particulier était disparu pour offrir un
coloris crème un peu sale.
"Cornélia"
a prit sa place en pleine canicule et je l'ai arrosé sans savoir s'il reprendrait. A présent il me semble bien sorti de son état
comateux car les petites feuilles sont chaque jour un peu plus nombreuses.
Les deux exemplaires de "Dioressence" étaient carrément en
faillite, en dépôt de bilan, maigrichons et sans feuillage mais offrant
toutefois les belles roses. C'est une
création de Delbard que je ne conseille pas en Belgique, si l'on veut avoir un
rosier digne de ce nom. Moi je m'obstine
à le garder (j'ai placé les deux exemplaires dans une grande vasque avec une
terre toute nouvelle, engrais, glou-glou à souhait et je pense qu'ils sont
sauvés, le verdict tombera l'an prochain) car c'est la seule rose du jardin qui
me fait penser directement à un parfum, comme si j'ouvrais le flacon sans que
la rose n'ait eu besoin de toutes les manipulations du parfumeur. Je ne suis pas logique dans mon raisonnement,
j'en conviens mais je ne puis me passer de cette rose et de ses effluves.
Dommage que vous ne puissiez humer le parfum !
Les deux exemplaires renaissent.... même droit à de futures floraisons
Des deux hydrangeas "Phanthom"
un seul à tenu le coup, disons à 80%, l'autre a grillé comme une saucisse sur
le BBQ, en pleine canicule, je l'ai rasé
illico et arrosé comme je pouvais, voici le résultat maintenant, j'espère qu'il
ne me refera pas le même coup l'an prochain.
Tout aussi mal en point les hydrangeas "Magical Amethist"
et "Magical Noblesse" ont été taillés à la base..... ils sont sauvés
!
Magical Amethist
Un peu plus à la traîne, Magical Noblese (à la floraison blanche)
Quant à "Magical Coral" en pot (malheureusement fendu), je
l'ai planté au jardin en lieu et place du rosier "Jude the obscure"
qui était tellement perturbé (comme son homonyme du roman de Thomas Hardy) que
je l'avais pris en grippe....
Le voici couplé à la spirée Goldmound
Pareil pour "Mozart's lady", le bellâtre dont la canicule
a brûlé les branches, mais à sa décharge je le taillais vraiment peu, folle de
rage à la fin juillet j'ai presque tout coupé et arrosé, il reprend vie enfin, il
n'est pas rancunier finalement.
Il a beaucoup de charme ce rosier !
J'ai plaisir à voir sa renaissance
"Sophie's rose", installé au fond du jardin, était minable,
floraison sans beau feuillage dans un terrain inadapté. Allez hop en août je l'ai changé de place et
arrosé, le revoici faisant acte de
présence avec mille petites feuilles.
Feuillage minable !
Le voici qu'il se refait une beauté, quel feuillage et déjà des prémices de boutons
A ses côtés j'avais placé "Louis Blériot" et "Maurice
Utrillo", je les ai changé de même en août, le premier dans la petite
roseraie et le second à la place du Salix de la terrasse disparu ce printemps,
l'un comme l'autre sont sauvés.
Deux rugosas ont posé problème," Wild Edric" (mon second
exemplaire) et "Polareis". Au
fond du jardin, sous les arbres ils ont dépéri, j'ai fais de nombreux trous à
leur base et arrosé (le terrain est en pente pour corser le tout). Je les ai complètement retaillé la semaine
dernière pour qu'il repartent sainement, à moi d'arroser régulièrement et
pallier surtout pour garder la fraîcheur, c'est un casse-tête car le sous-sol
est mauvais, je vais devoir amender mais au vu de leurs aiguillons acérés je ne
souhaite pas les changer d'endroit.
Il m'a toujours enchantée ce Polareis malgré ses aiguillons dangereux
Je pense que je vais ajouter un contour à sa base
pour retenir et l'amendement et l'eau d'arrosage
Le rosier "The Fairy", acheté en jardinerie, fut
merveilleux la première année de plantation bien installé dans un haut et large
contenant, la seconde année fut déjà moins bénéfique à son développement et
finalement en début de celle-ci je l'ai
ramené au patio pensant qu'il allait s'en remettre. En juillet beaucoup de branches étaient
mortes, j'ai hésité entre le garder et le supprimer, finalement j'ai opté pour
la sauvegarde en le plaçant en terre à la terrasse, une de mes graminées
n'ayant plus la beauté voulue. Il repart
doucement mais j'espère que l'an prochain il sera en pleine forme, à défaut de
le sauver j'en planterai un autre car j'aime beaucoup ce petit rosier, allez je
croise les doigts pour la réussite.
Ce pot contiendra des fleurs
En y regardant de plus près on peut voir une petite floraison,
il est sur la bonne voie.
A la mi septembre mon beau Piéris perdait vraiment beaucoup son
feuillage, j'ai compris qu'il s'engageait sur la mauvaise pente, ni une ni deux
je l'ai enlevé de son pot (il était au
patio depuis deux ans) pour l'installer au fond du jardin où une place s'était
libérée. Il s'en remettra....
Pendant la canicule j'ai supprimé les grands asters au fond du
jardin, tiges hautes, raides avec le bout complètement cuit, une floraison
minable se préparait, trop d'arrosages pour sauver le tout qui grillait de plus
belle de jour en jour. Hop adieux
"Marina Wolkonski" et "Saphir bleu", à leur place j'ai
installé des lavandes et cinéraires, mieux adaptées au sol pauvre et sec.
Je vais laisser se développer tout cela et comblerai les vides l'an prochain s'il y a lieu
En conclusion, malgré la
sécheresse les rosiers transplantés ont tenu le coup, j'ai joué le va-tout et
cela semble réussi, si j'avais attendu l'automne pour transplanter ou tailler tout ce petit monde je n'aurais eu que des
cadavres, je devais choisir entre la peste et le choléra et finalement j'avais
le sérum en mains, un peu comme pour un grand blessé, il faut réagir très vite.
Jamais je n'ai été confrontée à de tels dilemmes au jardin, j'ai
suivi mon instinct en espérant aider à la sauvegarde et si tout se passe bien
je reste encore dubitative pour les physocarpus, ce sont des arbustes qui demandent
de l'espace et un terrain plutôt humide mais plutôt une taille automnale, alea
jacta est....
A pluche !
Siam